Sur le site St-Michel : l’Institut d’Etudes Théologiques (IET)

Sur le quadrilatère compris entre le Boulevard St-Michel, la rue Liétart, la rue du Collège St-Michel et celle du Père Devroye existent plusieurs entités autres que celle du Collège St-Michel, établissement d’enseignements secondaire et primaire.

Aujourd’hui présentation d’une des composantes les plus importantes du site : l’IET.

L’Institut d’Etudes Théologiques est la Faculté de Théologie de la Compagnie de Jésus. Elle s’est implantée au collège en 1972 et occupe dans le collège – côté Montgomery, – le 3ème étage ainsi qu’une partie du 2ème.

Pourquoi l’IET est-il arrivé à St-Michel en 1972 ? En 1968, les jésuites belges francophones décident de réformer leur système d’études de théologie. Nous sommes au lendemain du Concile Vatican II (1962-1965) et la Compagnie fait le constat sévère que la théologie est devenue une science quasi profane faisant passer au second plan la spiritualité et la lecture de la Bible. Une équipe de professeurs menée par le Père Albert Chapelle lance alors la réflexion et la réforme de la théologie en Belgique francophone et aboutit en 1968 à la création de l’IET La formation théologique se déroulait à l’époque à Leuven-Eegenhoven. Mais comme une nouvelle Belgique régionale et communautaire se met en place, la Compagnie belge francophone décide le déménagement en 1972 de la théologie vers Bruxelles et l’installe au Collège St-Michel où il y a, à ce moment-là, encore de la place !…

A quoi sert l’IET ? Au sens strict : à la formation théologique et pastorale des futurs prêtres. Toutefois, outre les candidats jésuites au sacerdoce, l’IET accueille des religieux et religieuses ainsi que des laïcs, hommes et femmes, qui veulent bénéficier d’une formation ancrée dans l’étude de l’Ecriture Sainte mais articulée aussi dans la Tradition dogmatique, morale et missionnaire de l’Eglise. Au sens large, l’IET veut donner une formation humaine, intellectuelle et spirituelle à ceux et celles qui ont des responsabilités dans l’Eglise d’aujourd’hui ou auront un rôle déterminant dans l’animation des communautés chrétiennes de demain.

Quelle pédagogie à l’IET ? La pédagogie jésuite bien évidemment ! Le cycle des études s’étale sur trois ans ou six semestres centrés chacun sur un thème différent comprenant à la fois, des cours mais surtout des séminaires qui sont des particularités jésuites et « ieténnes » : exposés, leçons, travaux, échanges sont dirigés par une équipe de professeurs mais au cours desquels les étudiants doivent s’impliquer et participer par des travaux et des contributions personnelles. Autre particularité : chaque étudiant choisit un directeur d’études, sorte de conseiller théologique personnel qui guide et rejoint l’étudiant dans sa singularité. Au terme de sa formation de trois ans, un diplôme de Bachelier en théologie sanctionne les études de l’étudiant. Des formations complémentaires sont évidemment nécessaires si une Maîtrise et un Doctorat en théologie veulent être atteints. Une trentaine de professeurs à temps plein ou à temps partiel constitue le corps professoral de l’IET. Un certain nombre d’entre eux sont jésuites ; d’autres, prêtres diocésains, religieux ou religieuses ou laïcs.

Quel public a l’IET ? L’IET est une institution de taille réduite. Un peu moins de 100 étudiant(e)s « à temps plein » la fréquente chaque année académique auxquels viennent s’adjoindre de nombreux auditeurs/ auditrices libres ». L’ensemble du corps étudiant reflète une diversité de provenances et de formations antérieures qui constitue un atout non négligeable pour le travail théologique. Le public est international et plus particulièrement français, voire même parisien. En effet, dans les années 1970, le fondateur de l’IET : le Père Albert Chapelle fait la rencontre d’un certain l’abbé Jean-Marie Lustiger alors curé de la paroisse Ste-Jeanne de Chantal à Paris. Les deux hommes s’apprécient : liens d’amitié et des complicités intellectuelles vont se tisser entre eux. Jean-Marie Lustiger deviendra évêque d’Orléans puis en 1981 archevêque de Paris. Il fait confiance au programme et à la pédagogie de l’IET et envoie dès lors un certain nombre de ses séminaristes se former à Bruxelles. D’autres évêques français suivront aussi le mouvement à tel point qu’une maison est même achetée par le diocèse de Paris, tout près du collège pour héberger les séminaristes français.

Depuis quelques années, un autre public plus large fréquente l’IET : c’est celui du cours du soir organisé tous les jeudis. Il s’agit d’étudiants libres intéressés par le thème choisi pour le semestre et qui viennent s’informer et se former au contact de professeurs spécialisés dans le thème évoqué.

Quel lien entre l’IET et le Collège ? Les finalités poursuivies par les deux institutions étant très différentes, il y a donc très peu de contact au cours d’une année académique ou scolaire, sauf à la fin du mois de janvier, lors des retraites des élèves de 4ème ,5ème et 6ème En effet, à ce moment-là les étudiants de l’IET sont en inter-semestre et sont invités à s’engager dans une activité pastorale. Beaucoup d’entre eux vont alors animer les retraites d’un certain nombre de classes de fin d’humanités. Chaque retraite est préparée par un contact préalable avec la classe et son titulaire. Ensuite, quelque part en Belgique se déroule la retraite au cours de laquelle les étudiants de l’IET exercent leur mission pastorale et les élèves du collège découvrent ou approfondissent la foi chrétienne. Durant ces jours de retraite, très souvent des univers différents vont se découvrir et s’estimer mutuellement.

Voilà succinctement présenté l’Institut d’Etudes Théologiques. Pour info : le Président actuel de l’IET est le Père Thierry LIEVENS sj., ancien élève du collège, sorti en 1973.