Serions-nous partout ?

80_18Il est des endroits où nous ne passons pas inaperçus. A l’heure où les quotas sont à la mode dans la pratique politique, certains en réclament plus que d’autres dans des secteurs variés. Ils évoquent des repaires, des « chemins-tout-tracés ». Les Saint-Michelois et Saint-Micheloises n’ont qu’à bien se tenir (ils ne se tenaient déjà pas mal) : leur réputation les précède et certains mouvements de foules ne sont pas à craindre !

A peine sorti du berceau collégial, si l’Ancien(ne) se dirige vers les Facultés universitaires Saint-Louis, les autres étudiants lui donnent l’impression que tout l’auditoire de la première année du baccalauréat en droit était dans sa classe en rhéto. « Ah bon, tu viens de Saint-Mich’ ? (insistez sur le « Mich’) », « Ah, vous êtes plein non ? ». Le Boulevard du Jardin Botanique semble attirer le Boulevard Saint-Michel comme rien d’autre dans notre univers. Alors, en plus, quand ces Ancien(ne)s devenus étudiants arborent en début d’année le fameux « sweat-shirt des rhétos », c’est le coup de massue. L’auditoire se remplit de vert, de bleu ou de bordeaux (suivant la promotion) et notre statut est, une fois pour toute, intégré dans les mémoires.

On évoque une tracée logique : latin-grec, droit, avocat. L’éloquence. Cherchez l’intrus et surtout le rapport. Rien ne prouve que notre cher Collège envoie plus d’étudiants dans l ‘ « Auditoire 1 » qu’une autre école bruxelloise, qu’elle soit francophone ou néerlandophone. Mais le nombre d’étudiants que nous sommes dans l’auditoire n’est-il pas aussi proportionnel au nombre d’étudiants que compte une année de rhétorique ?

A peine sorti de son lit bruxellois, si l’Ancien(ne) se dirige vers la ville wallonne de Louvain-la-Neuve, les autres étudiants lui donnent l’impression que les kots à projets rassemblent tous ceux qui s’étaient perdus de vue depuis leur sortie du Boulevard. Concept introduit, concept à développer. Un kot à projet (un « KAP ») est une habitation communautaire, gérée par le Service des logements de l’UCL, rassemblant une dizaine d’étudiants qui mènent un projet ensemble. Le mouvement des KAP’s à l’UCL compte près de 110 kots et existe depuis 1975. Pôle dynamique et incontournable de l’animation, c’est aussi, parait-il, un repère de Saint-Michelois(es). Dans certains KAP’s, plus de la moitié des kotteurs ont fréquenté notre belle institution ; dans beaucoup d’autres, un ou deux se baladent en électron libre. Et il est vrai que quelques diners de recrutement ressemblent plus à une réunion d’Ancien(ne)s qu’à une soirée speed-dating pour découvrir de nouvelles têtes. Alors, oui, assumons ! L’ouverture d’esprit enseigné au Collège, le dépassement de soi et de ses études pour se projeter dans la société a certainement pour conséquence que les Ancien(ne)s soient dans la tranche « active » des humains de leur âge. La présence nombreuse d’associations le 16 septembre dernier, lors de notre rencontre, en est d’ailleurs encore une preuve.

Plus qu’une ingérence ou qu’en envahissement, si notre présence se fait remarquer, c’est que nous sommes fiers d’appartenir à cette grande communauté qu’est celle des Ancien(ne)s du Collège Saint-Michel. Au-delà des multiples figures préconçues que certains ont des Saint-Michelois(es) figures tantôt véridiques, tantôt mensongères mais toujours cocasses à apprendre, nous sommes aussi bien contents de nous retrouver ensemble pour nous remémorer nos bons souvenirs de jeunesse.

Nous ne sommes donc surement pas partout, mais si la rue continue à nous le dire, nous allons finir par le croire. Et quand cela arrivera, au-delà d’aller dormir l’un chez l’autre, c’est le monde qui nous appartiendra. Certaines mauvaises langues renchériront : « le monde ne suffit pas ! ». Ouille, KAP sur quoi alors ?