Rencontre avec Pierre-André Wüstefeld

80_1Pierre-André Wüstefeld, nous a accordé un entretien à l’heure de faire le bilan de son action au sein de l’Association des parents du Collège, dont il a été membre, puis président. Rencontre avec un homme chaleureux, disponible et attachant, qui a donné et donne encore beaucoup de son temps à notre Collège

Horizons : Cher Pierre-André, pouvez-vous d’abord nous dire quelques mots sur votre parcours scolaire, professionnel et familial ?

Pierre-André Wüstefeld : Je suis arrivé au Collège en quatrième primaire, et j’en suis sorti en 1973. Par la suite, j’ai commencé le droit à Saint-Louis, et je l’ai terminé à l’Université catholique de Louvain. J’ai travaillé vingt ans au barreau, de 1978 à 1998. A partir de septembre 1998, j’ai commencé la magistrature ; d’abord au Tribunal de la jeunesse de Bruxelles, puis à la Cour d’appel de Mons à partir de décembre 2003. Depuis septembre 2008, je suis également membre du Conseil Supérieur de la Justice. Mais, je suis avant tout un père de famille. Cinq de mes six enfants sont passés ou passent par le Collège. Mon épouse est également juriste.

Horizons : Gardez-vous de bons souvenirs de votre passage au Collège ?

Pierre-André Wüstefeld : Bien entendu ! J’ai eu la chance d’avoir un parcours au Collège avec des enseignants qui ont su canaliser l’élève remuant que je pouvais être. La formation jésuite m’a donné des bases solides et m’a permis de traverser la vie en faisant face aux difficultés et en sachant profiter des joies que l’existence nous réserve.

Horizons : Comment êtes-vous rentré dans l’Association des parents du Collège ?

Pierre-André Wüstefeld : Je suis devenu membre de l’Association des parents il y a près de dix ans, à l’époque où Jean-Marie Crèvecoeur était président. J’ai commencé à être plus impliqué dans l’Association au moment où le Collège a été confronté aux problèmes de pédophilies car à côté du barreau j’avais une compétence particulière dans la gestion de ce type de situation, en étant juriste au sein de l’équipe SOS enfants des cliniques Saint-Luc. Le Collège, en se mettant à l’écoute de ses forces vives, a, à mon sens, remarquablement géré la situation. Il m’a également donné l’envie de m’investir dans ses organes de participation.

Horizons : En octobre 2007, vous avez pris vos fonctions en tant que Président de l’Association. Quel était l’état d’esprit à ce moment-là ?

Pierre-André Wüstefeld : Je pense qu’il y avait un certain malaise sur la façon dont l’Association avait fonctionné durant le mandat précédent. Plusieurs membres du bureau trouvaient que l’Association devait se recentrer sur les besoins du Collège et des élèves. J’ai porté la présidence, mais nous étions plusieurs à partager cette priorité. C’est toute une équipe qui a porté ce projet-là. J’ai eu la chance d’avoir autour de moi des personnes convaincues, disponibles et dynamiques. Qui sont, pour la plupart, toujours là !

Horizons : Et de ce dynamisme est né le projet de rénovation de la Cour 3-4…

Pierre-André Wüstefeld : Effectivement. Le dynamisme de l’Association a rencontré une opportunité qui était le grand réaménagement de la Cour 3-4. Un projet porté par les élèves, qui en avaient établi les plans, sans pouvoir compter sur les moyens. Nous avons saisi des opportunités financières : l’Association des parents disposait de fonds qui n’avaient pas été attribués et ce surplus a pu être affecté au projet. Par ailleurs, la construction de l’Espace Centenaire ayant été reportée d’un an, le Collège a pu investir dans ce projet l’argent prévu pour le Centenaire. L’AESM a aussi soutenu financièrement cet investissement. Pour la rentrée de septembre 2008, soit en moins de dix mois, la Cour 3-4 était finalisée. Nous l’avons ensuite peaufinée en ajoutant des plantations. Nous voulions vraiment redonner de la vie dans cette cour de prison et y mettre une infrastructure sportive de qualité. Aujourd’hui, à ce qui m’est rapporté, les élèves se sont réappropriés l’espace. Ce projet est vraiment illustrateur des possibilités offertes par la convergence des dynamismes entre l’Association des parents, l’AESM et le Collège.

Horizons : Quels sont les autres projets que vous avez contribué à mettre en œuvre ?

Pierre-André Wüstefeld : Nous avons suscité et géré d’autres dynamismes. Au niveau de l’école primaire, nous avons notamment poursuivi et développé l’équipement de la bibliothèque, permis l’installation d’ordinateurs dans chaque classe, remis en peinture une grande partie du bâtiment. En secondaire, nous avons installé des fontaines à eau, équipé toutes les classes du premier niveau d’humanité de casiers sécurisés. Parallèlement, nous avons soutenu différents projets comme l’opération Burkina-Moteur ou le Fonds Anaïs. Mais nous avons aussi créé un prix du reportage du voyage de rhéto pour inciter les élèves à s’investir un peu plus dans cette expérience de vie et en ramener quelque chose qu’ils puissent partager. Ou suscité et financé, avec l’AESM, des cours de remédiation en math et en néerlandais au deuxième degré. Cette année, nous voudrions réinstaurer les jeux de Saint-Louis à la fin du mois de juin, en 5ème et 6ème primaires ainsi qu’en 1ère et, si possible, 2ème humanités. Enfin, pour être de notre temps, nous avons considérablement changé la communication de l’Association des parents : nous avons créé un site web, nous communiquons avec les parents de manière électronique, et nous avons mis en place une réunion de l’ensemble des délégués de classe de l’école primaire, du 1er, du 2ème et du 3ème degré du secondaire, en invitant chaque fois le responsable du degré. Sans oublier les liens retissés avec l’équipe de direction et les enseignants, sans nous immiscer dans les fonctions pédagogiques du Collège, auquel nous faisons toute confiance, mais en venant en soutien de cette pédagogie et en demeurant à l’écoute des besoins.

Horizons : Quel est le rôle d’une bonne Association des parents ?

Pierre-André Wüstefeld : « Une AP vivante pour un Collège de son temps !» est quelque part notre devise. Une bonne Association des parents se doit d’être à l’écoute des inquiétudes pouvant jaillir chez les parents, et des besoins, exprimés ou non, des élèves et des enseignants. Elle doit établir des relais avec la direction pour immédiatement prévenir et gérer les difficultés, sans que cela ne crée d’emballement. Cela simplifie les choses et crée une situation de quiétude. L’Association des parents doit aussi veiller à faire partager par chacun les valeurs que le Collège essaye d’inculquer à nos enfants (« Former des hommes et des femmes … pour la cité »).

Horizons : Est-ce que la direction du Collège prend réellement en compte l’Association des parents ?

Pierre-André Wüstefeld : S’appuyer sur l’Association des parents me paraît vraiment être une singularité du Collège. L’Association a la chance d’avoir une place dans le Conseil de participation, à l’AG, et au CA. Nous avons été particulièrement attentifs à ce que le Conseil de participation soit un véritable lieu d’échange entre parents, élèves, direction et enseignants (car c’est le seul lieu où ces différents protagonistes se rencontrent tous ensemble). Ce sont des spécificités du Collège dont on ne peut que se réjouir, et qu’il faut utiliser à bon escient. Nous avons de la chance d’avoir un Collège qui respecte les parents et qui en fait des partenaires. Mon expérience à l’Association m’en a vraiment convaincu. Au terme de ces quatre années de mandat, j’ai la conviction qu’un véritable climat de confiance s’est établi entre les différentes composantes du Collège (direction, enseignants, élèves et parents) et l’Association des parents. Madame Mehagnoul, directrice de l’école primaire, ne m’a pas caché que cela avait été pour elle, une de ses principales découvertes au Collège, un véritable « plus » par rapport à ses expériences antérieures.

Horizons : Qu’est-ce que l’Association attend des parents du Collège ?

Pierre-André Wüstefeld : Nous avons veillé à beaucoup plus impliquer les parents. Pour ce faire, nous tenons à ce que l’adhésion à l’Association soit une démarche volontaire. Jusqu’en 2007, le montant total des cotisations des parents était de l’ordre de 5000/6000 euros, sans remettre en cause cette dimension « volontaire ». Maintenant, on a multiplié par quatre ou cinq les moyens mis à la disposition du Collège. Nous avons aussi essayé de sensibiliser les parents aux difficultés que rencontre un établissement pareil. On ne vient pas déposer nos enfants au Collège comme dans une garderie ; les parents doivent s’intéresser à l’école de leurs enfants s’ils veulent que les élèves s’intéressent au Collège, à leurs études. Globalement, un peu plus de 50% des parents cotisent. Nous espérons convaincre les 50 autres % de faire de même … C’est un travail patient de réinvestissement du Collège par les parents, tout en veillant à ce que chacun reste dans son rôle et dans ses compétences ; nous ne occupons pas du pédagogique, et nous faisons totalement confiance à l’équipe enseignante à ce niveau-là.

Horizons : Que va-t-il se passer maintenant que vous avez quitté la présidence de l’Association ?

Pierre-André Wüstefeld : J’ai passé la main à la nouvelle présidente, Ann Porcher, mais je reste membre du bureau. Le dynamisme est bien présent au sein de l’Association et il y a plein de projets sur la table. Le grand projet de l’année, pour nous, ce serait de voir revivre un ou des laboratoires de langue. Actuellement, ce n’est plus moi qui initie les politiques, mais dans un souci de continuité, je continue à gérer la communication. Il aurait été utopique de remettre la présidence et la communication en même temps. J’essaye que l’outil de communication soit encore plus facile à manier … pour assurer sa pérennité. D’ailleurs, si des anciens, gestionnaires de sites web, ont des idées à partager pour nous simplifier les choses, et nous aider, qu’ils sachent qu’ils seront accueillis à bras ouverts ! Une seule adresse : communication@apstmichel.be .

Merci, cher Pierre-André, et bonne continuation !