Rencontre avec Estelle de Beukelaer

estelle-de-beukelaerCupidon accusé d’attentats sentimentaux ayant entrainé l’incompatibilité amoureuse (divorces et crimes passionnels), attentat à la pudeur et port d’arme illégal.

Tel est l’exercice de style présenté par Estelle de Beukelaer (ads 2010) au concours d’Eloquence et de Plaidoiries d’ELSA ( The European Law Students’s Association) le 18 mars dernier.
Horizons a rencontré cette jeune ancienne  au cours d’une entrevue très agréable.

Horizons : Comment t’es venue l’idée de participer au concours d’éloquence et de plaidoirie ?
Estelle : C’est un ami qui m’a persuadée et poussée à le faire. J’étais réticente au vu de mon emploi du temps chargé (études, mémoire, stage) mais j’ai bien réfléchi et surtout, je voulais sortir de ma zone de confort, me mettre en danger, prendre le risque. Finalement, c’est le métier que je veux exercer.

Ce n’était vraiment pas évident car je n’avais aucune expérience en la matière et surtout devant un public aussi « averti » et professionnel : Madame Gallant, Monsieur Mayence, Monsieur Kennes et le bâtonnier de l’ordre des avocats de Bruxelles Stéphane Boonen.

Le concours s’est passé en deux temps : la pré-sélection qu’Aymeric et moi avons bien réussi ce qui nous a emmenés à la finale.

3 semaines avant la plaidoirie, nous avons reçu le sujet. J’y ai beaucoup réfléchi pendant une semaine, en prenant note des idées qui me passaient par la tête et puis, je m’y suis investie totalement pendant les 2 semaines qui ont suivi. Réflexions sur le thème et préparation de la plaidoirie mais aussi faire en sorte que celle-ci ait un peu d’humour, ce qui plait toujours au jury et au public. Le challenge était passionnant.

Le plus dur a été le minutage de l’exposé : 8 minutes. Par rapport à toutes les idées que j’avais, je devais convaincre en m’efforçant de parler lentement ce qui est, pour moi, un exercice très difficile. J’ai vraiment dû raccourcir mon texte et je me suis chronométrée en révisant mon texte. En ralentissant mon débit de parole et en prévoyant des blancs (qui en disent long).

Maître KAMINSKI avec qui j’ai répété plusieurs fois mon projet m’a donné d’excellents conseils que j’ai suivis dont celui de toujours bien regarder le jury et l’assistance.

J’ai répété jusqu’au jour même de la plaidoirie et c’est avec un peu de trac et aussi de la confiance que j’ai accusé Cupidon pour attentats sentimentaux ayant entrainé l’incompatibilité amoureuse (divorces et crimes passionnels), attentat à la pudeur et port d’arme illégal.

Après, j’étais contente et fière de moi, j’avais atteint mon objectif.

Les résultats sont arrivés comme, en fait, une magnifique récompense pour mon investissement : Prix du Jury, Prix du Public et Prix de l’ADBr de l’ULB.

Cerise sur le gâteau, Maître Nathalie Gallant, présidente du Jury  a eu comme commentaire : « Vous avez trouvé votre avenir comme Procureur du Roi ».

J’étais heureuse parce que le niveau était très élevé et que la partie était loin d’être gagnée d’avance.

Un vrai moment de « Kif » (Rires).

Horizons : A présent,  comment envisages-tu l’avenir ?
Estelle : A court terme, terminer la 5ème pour obtenir mon diplôme et aussi remettre mon mémoire. Puis, je me suis rendu compte que la connaissance du  néerlandais était essentielle en Belgique et que mes connaissances n’étaient pas suffisantes. J’entamerai donc en septembre un cours de néerlandais intensif qui me préparera à aller à AMSTERDAM et y obtenir un diplôme en droit privé international.

A long terme : Le barreau pour y plaider 3  ans et ensuite travailler ailleurs.

Horizons : L’Université ?
Estelle : Peut-être un regret : m’être contentée de suivre les cours magistraux au cours du bac et surtout ne pas m’être investie dans les différentes activités estudiantines (cercles, associations, projets). Il n’y a pas que les cours. L’université apporte beaucoup de choses et c’est un moment dont il faut profiter.

Horizons : Ton passage au Collège pendant toutes tes humanités ?
Estelle : Plein de bons souvenirs.
Des professeurs super et investis dans leur mission d’enseignement. Je ne pourrais pas tous les citer mais trois d’entre eux m’ont vraiment marquée : Monsieur De Roeck, Monsieur Philippe Devos qui a été un très chouette titulaire et aussi tout particulièrement Monsieur Mercier, professeur d’histoire qui consacrait un de ses midis pour réexpliquer la matière aux élèves en échec.

Chaque année, j’ai été déléguée de classe et déléguée d’année pendant 4 ans. C’est aussi quelque chose de très enrichissant, aussi pour ma future carrière, défendre et représenter les autres.

Saint-Michel enseigne une excellente formation pour l’université grâce à son côté exigeant. On prend, très tôt, l’habitude de bosser et j’en suis très contente.

Comme je parle trop, j’ai aussi été remise à ma place plusieurs fois….Même envoyée au coin à 17 ans (Rires).

Horizons : Quels conseils donnerais-tu aux élèves qui sortiront du Collège ?
Estelle : Bonne question. Les réponses n’engagent que moi….Tout d’abord, il faut bien savoir ce que l’on veut, bien choisir son métier futur et il n’y a pas que l’université. Etre mature et si pas, attendre un peu en s’occupant intelligemment (boulot, échanges culturels à l’étranger, cours intensifs de langue, etc.…).

La démarche de choisir un métier est un choix de vie très important, il faut prendre le temps de la réflexion sans stresser. L’unif n’est pas nécessairement la réponse.

Une idée pour le Collège, créer un cours où les élèves apprennent à parler en public, comment gérer ce stress là.

Horizons : Le mot de la fin ?
Estelle : Je n’aurais pas voulu d’une autre école ; j’y ai été très heureuse et je me suis fait de très chouettes copines que je vois encore souvent…. Que du positif !

PDF – estelle-de-beukelaer-plaidoirie