Le déconfinement : la rentrée de mai à Saint-Michel

Le lundi 18 mai, vers 8h30, il régnait un parfum de rentrée des classes dans la cour 5-6 comme dans les couloirs du Collège.  C’est que la plupart d’entre nous n’y avaient plus mis les pieds depuis le vendredi 13 mars.  Sur le chemin, les questions s’étaient bousculées : sur l’état d’esprit des élèves, sur l’application des consignes sanitaires dont nous avions été informés, sur ces cours d’un genre nouveau que nous allions donner …

Comme partout ailleurs, seuls les 2e et 6e avaient été autorisés à retrouver leur école.  Au Collège, les 6e reviendraient à raison de 8 heures par semaine, réparties sur les lundis et mardis.  Les 2e leur succéderaient les jeudis et vendredis.  Le 18 mai, ce furent donc les aînés qui inaugurèrent les nouveaux rituels désormais inséparables de toute vie scolaire : porter un masque dans l’enceinte du Collège, se laver fréquemment les mains, s’asseoir à un par table, faire la file pour entrer aux toilettes, respecter les distances et les parcours balisés.  La direction du niveau avait passé des heures à réfléchir à la façon d’organiser le plus harmonieusement possible ces sept semaines de cours.  Ainsi, les 223 rhétoriciens avaient été répartis en 22 silos de dix élèves en fonction d’options qu’ils avaient pu choisir : math 4-sciences 4, anglais 4-néerlandais 4 ou encore sciences humaines.  Chaque élève allait terminer sa scolarité avec ses compagnons de silo, qu’ils proviennent de sa classe ou non, et avec un nombre réduit de professeurs, qu’ils lui aient déjà donné cours ou non.  Les enseignants sans silo effectueraient quant à eux des permanences à l’entrée du Collège et dans les couloirs pour s’assurer que les règles seraient respectées.

Le 18 mai, donc, chacun était un peu sur ses gardes, mais l’enthousiasme était palpable aussi, même si l’on ne voyait pas les nombreux sourires.  Certes, il fallut apprivoiser ces classes dépeuplées, ces masques fournis par le Collège, mais aussi abandonner certaines habitudes telles qu’arpenter la classe en parlant ou s’approcher de ses interlocuteurs.  Néanmoins, l’expérience de cette première journée fut jugée concluante par tout le monde : nous étions heureux d’être de retour.

Le mardi 23 juin, à l’heure des bilans, la satisfaction initiale était-elle toujours de mise ? Les heures passées par les directions, les éducateurs et le personnel d’entretien pour aménager le Collège et préparer cette seconde rentrée de l’année scolaire 2019-2020 avaient débouché sur un résultat jugé concluant par le plus grand nombre.  Si, aux yeux de la ministre, il s’agissait sans doute avant tout d’effectuer un galop d’essai garantissant une rentrée de septembre un peu plus sereine, nos élèves y trouvèrent manifestement leur compte, malgré les masques, la distance et l’éclatement de classes parfois très soudées en petits silos.  Parmi les facteurs de réussite qu’ils pointaient, on trouve évidemment la joie de revoir des camarades de classe et la possibilité de passer encore quelques semaines dans leur école.  Beaucoup d’entre eux apprécièrent également d’avoir pu choisir leur programme de cours, ce qui leur permit de se concentrer sur des matières au programme de leurs examens d’entrée ou avec lesquelles ils avaient plus d’affinités.  Certains utilisèrent ces journées pour remédier à l’une ou l’autre lacune et réaliser d’ultimes évaluations qui, dans bien des cas, assurèrent leur réussite dès juin. Enfin, il est clair que ce retour à la vie scolaire à raison de huit heures par semaine créa une petite routine et renforça l’impression de retour à la normale sans monopoliser les agendas.   Le bilan fut sans doute un peu plus contrasté auprès des professeurs car ces heures de cours, même si leur nombre pouvait sembler dérisoire, furent assez énergivores (et pas seulement à cause des masques).  Néanmoins, la plupart convenaient que cette rentrée des classes inédite leur avait fait du bien.

Bref, les services du ministère continueront probablement à bombarder les directions d’écoles de nouvelles contraintes par le biais de nouvelles circulaires COVID (il y en a déjà eu 14), mais l’expérience vécue ce printemps au Collège sera précieuse en septembre.