Publications – Fernand Biver

Fernand Biver, “Tornades, roman de guerre”, pp. 270, Editions MeMogrames, collection Arès, 2017. Prix 25€. ISBN 978-2-930698-41-0.

Nous voici avec un roman exceptionnel à plusieurs titres.

Ce roman n’aurait jamais été publié si son neveu Jean-François Hulet (Ads 1969) n’en avait récemment découvert dans un grenier le manuscrit écrit par son oncle Fernand Biver (Ads1937 Scientifique Spéciale/ R.P. de Carpenterie).

Qui était Fernand Biver (1921-1942) ? Son nom est gravé sur le tableau d’honneur dans le couloir de la porterie du collège Saint-Michel, car décédé en uniforme pendant la guerre lors d’un vol d’entraînement.

Fernand Biver, au sortir du collège Saint-Michel, est entré comme élève à l’Ecole Royale Militaire en 1939, et c’est dans cette condition qu’il s’est retrouvé pris par l’invasion allemande en mai 1940.

Tornades est un roman de guerre, où la réalité se mélange avec la fiction. L’histoire se passe dans un cadre réel et nous raconte d’abord avec moult détails la vie agitée d’un élève officier de l’Ecole Royale Militaire, tant à l’école que pendant ses sorties mondaines. La soudaine invasion allemande introduit un branle-bas et le départ précipité de nos élèves-officiers dans un train vers une zone de repli. L’avancée des troupes ennemies désorganise les plans des officiers. L’histoire se concentre alors sur trois jeunes élèves-officiers qui s’étant égarés ne retrouvent plus le train de leur régiment, et sont obligés de se débrouiller seuls. La fuite étant généralisée, ils se retrouvent en France. Leur descente avec la masse des réfugiés belges en direction de la zone libre du côté de Marmande est très poignante. Sur place, les réfugiés n’ont qu’une idée : remonter vers la Belgique dès que possible. Aussi, l’occupant ayant stabilisé son emprise sur le territoire, les attaques cessent et les populations en fuite peuvent alors retourner chez elles en zone occupée. Nos trois amis aident au rapatriement, mais veulent en faire plus, remplis de l’idéal de se battre pour l’Honneur et la Patrie. La suite de l’histoire est vraiment passionnante.

Ce roman a été écrit alors que notre jeune auteur se trouvait confiné à Vichy pendant quelques mois, avant qu’il ne décide à rejoindre l’Angleterre via l’Espagne. Ce voyage est décrit en annexe dans une très intéressante retranscription du journal de poche de Fernand Biver, avec une narration passionnante de sa traversée des Pyrénées entre Perpignan et Barcelone guidé par un contrebandier local. Le roman ne parle pas de ce voyage, car on retrouve nos personnages plutôt en Belgique à faire de l’espionnage dans un environnement où certains collaborent…

Le livre en général est très bien écrit, et restera un document unique, son jeune auteur n’ayant pas survécu au crash de son avion d’entraînement en 1942. J’ai été très agréablement surpris par la qualité du style, et une narration fluide malgré un texte assez condensé.

Je recommande ce livre vivement.

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  1. Jean-François Hulet (jean.hulet@skynet.be) nous informe qu’il est encore en possession de quelques exemplaires à compte d’auteur, qu’il est prêt à céder à prix coûtant (15€). A bon entendeur !