De Saint-Michel au Burkina…

De Saint-Michel.

Horizons d’après-rentrée, tour d’horizon sur le Collège et sa rentrée. L’année scolaire a débuté sous le sceau de la stabilité. L’école primaire a ainsi accueilli 572 élèves répartis comme chaque année dans ses 24 classes. La section secondaire reste de loin la plus grosse école de Bruxelles avec ses 1600 élèves ventilés dans les 62 classes du site. S’il y a 12 classes de 1ère année d’humanités, leur nombre se réduit à 8 pour les classes de rhétorique. Quant à la section professionnelle (plomberie, zinguerie et chauffage) située à la Chaussée d’Haecht, près d’une centaine d’élèves y apprennent ces métiers aux débouchés assurés.

Stabilité ne rime pas toutefois automatiquement avec sérénité. L’organisation d’une rentrée scolaire reste une épreuve kafkaïenne. Les décrets de mixité sociale et d’inscription produisent toujours leurs effets complexes : déplacements de population scolaire du nord de Bruxelles vers le sud, refoulement géographique des enfants provenant des communes à facilités, libre choix des parents entravé par des contraintes ministérielles nombreuses, inscriptions dans plusieurs écoles, « bulle » d’enfants sans école à « dégonfler », etc. Le politique rend le pédagogique de plus en plus complexe…

Les directions se trouvent également confrontées à des problèmes qui touchent le corps professoral. Ainsi la pénurie d’enseignants dans certaines matières (mathématiques, sciences, langues modernes, langues anciennes, religion, éducation physique notamment) rend parfois impossible la constitution d’un corps professoral complet. Heureusement pour SaintMichel l’équipe de cette année est au complet grâce à l’arrivée « in extremis » de professeurs de Néerlandais et de Mathématiques… le 2 septembre. Cette pénurie qui touche l’ensemble de la Région Wallonie-Bruxelles prend un tour particulier en Région bruxelloise où les loyers de plus en plus inaccessibles ne permettent pas aux jeunes professeurs nouvellement diplômés de s’y établir. On profitera du présent article pour rappeler que les projections démographiques annoncent pour Bruxelles l’arrivée de 15.000 élèves supplémentaires dans les quelques années à venir. Cela représente plus de 10 établissements comparables à Saint-Michel ! En ces temps de crise, on notera ainsi qu’en matière d’enseignement le plein emploi est assuré. Avis aux candidats motivés évidemment !

Une rentrée, c’est aussi paradoxalement des départs. Nous avons ainsi vu accéder à une retraite bien méritée quelques figures marquantes du Collège : Monsieur Jean Richir, enthousiaste professeur de Latin et de Grec, titulaire de 3ème, génial cruciverbiste dont les grilles ornent les pages de La Libre Belgique et fidèle soutien de notre AESM. Monsieur Bernard Marcoux, professeur de Français et de Religion, titulaire de 2ème, pourvu d’un humour dont la finesse n’égalait que la gentillesse. Madame Micheline VanpeteghemWtterwulghe, professeur de Néerlandais en 1-2-3 aussi charmante que compétente. Monsieur Léon Allard, professeur de technologie en 1-2, qui initia aux travaux pratiques et manuels tant de générations d’élèves et Monsieur Vincent Colonius, professeur d’Education Physique, dont les salles retentissent encore des encouragements sportifs. Sans oublier, à l’Ecole primaire enfin, Madame Marianne Liétart, une de nos plus dévouées institutrices. A eux tous, Horizons rend hommage et souhaite plein succès dans leur nouvelle vie. Nos intervieweurs reviendront dans les numéros à venir sur ceux qui, dans leur matière et avec leurs talents propres, furent nos « maîtres ».

… au Burkina

Dans le numéro 74 d’Horizons que vous pouvez retrouver d’un clic de souris en ligne sur notre site www.aesm.be à la rubrique Horizons, nous avions évoqué le début d’une grande opération liée aux Iles de Paix et dont professeurs et élèves du Collège étaient les éléments moteurs. Ce projet tout à fait original a trouvé son aboutissement au Burkina, il y a quelques mois. L’AESM avait été enthousiasmée par ce projet humanitaire et, fidèle à sa politique de dons humanitaires, avait souhaité soutenir financièrement ce beau projet. Une des chevilles ouvrières de celui-ci, Monsieur Michel Lambillon nous relate ici l’expérience vécue sur le terrain par l’équipe « One World » du Collège. Nous le remercions pour ce bel article qui clôture les « actualités Saint-Michel », pour ce numéro du moins !

Un moteur de développement pour une région, par Michel Lambillon.

L’effervescence règne dans le village de Tiantaka, à quelques kilomètres de Fada Ngourma, jolie ville de l’est du Burkina Faso. Depuis quelques jours, la nouvelle est tombée, et c’est une bonne nouvelle : le moteur, dont on a tant parlé, ce moteur, porteur de tant d’espoirs, est en voie d’arriver. Il a fallu le « libérer » des chaînes douanières et administratives qui l’immobilisaient dans la capitale, à Ouagadougou. Mais il sera bientôt là ! C’est qu’il en a vécu des aventures, ce groupe électrogène…

Petit rappel historique.

En 2005, un groupe de rhétoriciens et deux professeurs, membres de la cellule Nord-Sud du Collège Saint-Michel, partent à la découverte des projets des Iles de Paix dans un des pays les plus pauvres du monde : le Burkina. Voyage plein de surprises, de prises de conscience, de découvertes, de rencontres, … L’une de celles-ci laisse des traces : Alfred Ouoba, un de nos accompagnateurs, noue des liens tellement forts avec Jacques Renard, un des professeurs, que cela débouche ultérieurement sur un projet concret : acheminer un « moteur » qui viendra soutenir la tenue d’un festival agro-culturel, le FESDIG, qui veut donner à cette région, en proie à l’exode de la population jeune, un renouveau économique, leur proposant ainsi une alternative à l’émigration souvent utopique vers la capitale. Car le Fesdig survit difficilement aux contraintes techniques liées au passage des artistes. De plus, un moteur, en dehors de la semaine du festival, pourra servir à l’alimentation d’une école qui contribuera à la formation des jeunes, plus enclins dès lors à continuer leurs apprentissages dans une région en plein renouveau.

Chacun, en Belgique, y met du sien : certains par leurs compétences techniques, d’autres par un soutien financier absolument nécessaire. Le moteur arrive au Collège, est présenté à toutes les classes et au public intéressé par ce projet, porté par de nombreux groupes, dont celui des Ancien(ne)s du Collège, qui joue à nos côtés un rôle essentiel.

Après son exposition, le groupe électrogène part vers l’Afrique, mais est malheureusement bloqué de nombreuses semaines par des grèves dans le port de… Rouen ! Entretemps au Collège, la cellule Nord-Sud, devenue « One World », a organisé un deuxième voyage au Burkina Faso : en mars de cette année 2011, seize rhétoricien(ne)s, huit professeurs et le directeur s’envolent pour être témoins de l’avancée des projets des Iles de Paix, mais également participer au Fesdig, hélas sans le moteur bloqué en chemin. Ce voyage ainsi que les données techniques relatives au moteur ont été évoqués dans un numéro précédent de la revue. Les villageois nous ont montré la maison où sera installé le moteur, l’endroit où poussera le jatropha, dont l’huile alimentera le moteur en combustible ; ils nous ont également assurés de la bonne maintenance du moteur, grâce à un accord avéré avec une ONG spécialisée située à Fada.

Même si nous sommes à plusieurs milliers de kilomètres du Burkina, nous imaginons qu’en tendant l’oreille, le « doux » ronronnement du moteur nous apportera la preuve que la collaboration entre élèves anciens et actuels du Collège, a porté ses fruits : un moteur tourne à Tiantaka : un moteur de développement !

Pour plus d’infos :

• FESDIG : www.fesdig.com ou dans « You Tube ».
• Cliquer sur « Moteur de développement : dernières nouvelles » à la première page du site du collège, en tant qu’invité : http://www.college-st-michel.info/moodle