Calebasse2Roof

Horizons : Vous le savez, l’AESM a à cœur de soutenir les projets humanitaires élaborés par ses Anciens. Cette année, ce sont deux groupes d’Anciennes de l’Ecole Polytechnique de Louvain-la Neuve qui ont relevé un défi dans le cadre d’« IngénieuxSud » et de « UCL Louvain coopération », l’une à Haïti et l’autre au Mali. Dans ce numéro, nous vous proposons de découvrir le compte-rendu de « Calebasse2Roof », l’opération que Margot Dehem (ads 2014), et ses trois coéquipères ont menée à bien. Le numéro précédent vous avait présenté l’action entreprise à Haïti.

Eco construction au Mali

Cet été, notamment grâce au soutien de l’AESM, l’équipe Calebasse2Roof a pu partir au Mali pour concrétiser le projet sur lequel nous avions travaillé durant une année.

Pour rappel, Calebasse2Roof, ce sont quatre étudiantes belges en bio-ingénieur à l’UCLouvain et quatre étudiants maliens de l’ESIAU, école supérieure d’ingénierie, d’architecture et d’urbanisme de Bamako.

Le Projet ?

La revalorisation de l’architecture en terre au Sahel !

Cette technique de construction économe, écologique et inscrite dans le patrimoine de la région subit une crise : son abandon pour des matériaux plus énergivores et moins esthétiques mais qui sont convoités parce qu’ils signifient que le propriétaire du bâtiment a des moyens financiers de construire de façon “occidentale”.

Ensemble nous avons élaboré trois prototypes de toitures à partir de matériaux bio sourcés uniquement qui avaient pour but d’augmenter la durabilité de la terre en la protégeant des dégâts occasionnés par la pluie.

Sur les photos vous pouvez découvrir notre “équipe tactique” et les trois prototypes construits. Chez nous, c’est 100% éco building ! La calebasse, cucurbitacé local était notre matériel le plus important, découpée en rectangles, elle nous servait de tuiles. Le beurre de karité, et la gomme arabique étaient nos substances imperméabilisantes et nous avons aussi utilisé de la peau de mouton et du bambou pour les jonctions et charpentes.

Calebasse2Roof c’est également un projet qui veut privilégier le local. Au Mali, malheureusement, on achète de plus en plus de produits importés ! C’est absolument hallucinant de trouver des magasins remplis de produits everyday. Nous avons donc fait attention d’utiliser uniquement des matériaux trouvés sur les marchés locaux pour ainsi favoriser l’économie locale. L’accueil qu’on a reçu à Bamako était exceptionnel. L’échange était finalement un des aspects les plus importants de ce projet. Travailler ensemble sur un projet commun en utilisant nos différences culturelles était si enrichissant.

Monsieur Deyoko, directeur de l’ESIAU, avait une autre idée derrière la tête :

“Comme vous avez dû vous en apercevoir, mon objectif premier est de permettre aux jeunes de se connaître (africains et européens) ; ceci permettra d’enlever beaucoup de préjugés. Mon deuxième objectif est de lutter contre l’expatriation forcée des jeunes Africains à travers la Méditerranée surtout. Les politiques pensent qu’en interdisant on va freiner le système ; ils se trompent comme toujours. Ce qui manque ici c’est la formation, c’est la découverte de l’Afrique par les Africains. On connaît mieux l’Europe que l’Afrique- le pouvoir des médias y est pour quelque chose. Continuons à favoriser les contacts, à travailler sur des projets concrets, à innover sur le continent africain à…etc. Les jeunes Africains pourront rêver et rester sur place pour mettre en valeur les immenses richesses existantes”.

Nous sommes rentrées en Belgique la tête remplie de bons souvenirs et avec une expérience qui ne nous laisse pas indifférentes ! C’est maintenant au tour des futurs « Ingénieux sud » de reprendre notre projet… Il reste encore beaucoup de travail et de terrain à explorer en ce qui concerne la revalorisation de l’architecture en terre crue. Nous allons nous assurer que le projet continue et que les relations Bamako – Louvain-la-Neuve ne s’éteignent pas de sitôt.

Longue vie à la Calebasse !