Appui à la formation professionnelle de deux jeunes orphelins de l’ Association « Vivre dans l’Espérance » au Togo.

Introduite par Magali Romedenne (ADS 1991), Spécialiste Santé et Nutrition à l’UNICEF

  • La région des Savanes au Togo a une population fortement rurale avec un indice de pauvreté  très prononcé estimé  à 92,4%. La région connait une forte migration de travail due à la pénurie de bonnes terres  obligeant  les jeunes agriculteurs à  vendre leur force de travail dans les plantations agricoles en Côte d’Ivoire, au Benin, et à Notsé comme ouvriers agricoles saisonniers. La région est un carrefour migratoire suite à la situation géographique de la région. Elle  est une zone frontalière de transit pour les transporteurs routiers qui font la navette entre les pays du Sahel et le Togo. Tout ceci entraine une infection à VIH élevée dans la région et une augmentation des orphelins et des enfants rendus vulnérables.
  • Depuis 1998, l’Association « Vivre dans l’Espérance » prend en charge ces personnes au nord du Togo. Ce projet est l’œuvre des sœurs Hospitalières du Sacré Cœur de Jésus et tout particulièrement de Sœur Marie Stella, directrice de l’Association.
  • Objectifs : L’Association veut améliorer les conditions de vie, la prise en charge (aussi psychologique) et l’accompagnement spirituel des personnes affectées. Elle accueille et accompagne près de 1500 enfants orphelins et rendus vulnérables par le SIDA.

Le projet auquel l’AESM a décidé de se joindre concerne prioritairement l’appui à la formation professionnelle des jeunes orphelins de l’Association. L’objectif stratégique  vise  à  permettre aux orphelins et enfants rendus vulnérables d’avoir un cadre d’étude et de formation meilleur afin de préparer leur réinsertion professionnelle dans la société.

Aujourd’hui, 148 enfants de sexe masculin  et féminin d’âge compris entre 18 -24 ans  nécessitent un accompagnement.

Ces jeunes qui ont le BEPC et le BAC II s’orientent dans des centres de formations professionnelles et les universités de la place (Kara et Lomé). Par manque de moyens financiers et de support, certains n’arrivent pas au bout de la formation et partent à l’aventure dans des pays comme le Nigéria, le Benin et la Côte d’Ivoire avec le risque de revenir eux-mêmes contaminés par le VIH/Sida.

L’AESM a choisi de permettre à Florence et à Corneille de poursuivre leurs études. Vous trouverez ci-dessous leurs motivations.

« Salut, je m’appelle TONDORE  Florence, je suis étudiante à l’Université  Technique  Bonita Hauss de Dapaong. Je suis en Secrétariat de Direction. Mon rêve est de devenir  Assistante  au sein d’une Entreprise  au Togo  ou ailleurs. J’ai bénéficié  d’une aide pour le paiement de ma formation professionnelle après  l’obtention  de mon Bac II. Je vous expliquerai  le rôle d’une formation professionnelle dans la vie d’une jeune comme moi.

La formation  professionnelle tient une place importante dans nos pays en voie de développement. Vu le rythme de l’évolution de la technologie, il faut  s’y conformer afin de  trouver un emploi.

Nous disposons de beaucoup  plus d’atouts que celui qui n’a pas une formation professionnelle, les employeurs n’ont plus besoin de débourser des fonds pour  une formation pratique. Avoir un diplôme professionnel est un rêve pour plusieurs jeunes mais faute de moyens ils se résignent à ne pas en avoir.

Ma formation me permet de découvrir d’autres réalités de la vie ; elle me garantit un avenir meilleur. Ainsi je vais vous parler de mon  projet de vie. Dès mon arrivée à l’association « Vivre  dans l’espérance »  en 2009, ils m’ont toujours soutenue en tout et c’est l’une des chances de la région des Savanes  d’avoir cette Association qui ne cesse d’œuvrer en faveur  des démunis comme moi. Je fais de mon diplôme mon plus grand projet  de vie  car il m’ouvrira des portes et me permettra de vite terminer mes études car le BTS est la plus rapide et la plus courte des formations, elle dure deux ans.

Pour notre évaluation de fin de parcours, nous étudions  à Kara car c’est là que se situe le centre d’écrit.

Bénies soient les âmes  charitables qui luttent pour la cause des enfants démunis comme moi. Après ma formation, j’ espère avoir un emploi  afin de soutenir mes plus jeunes frères. Encourageons l’excellence par les diplômes professionnels pour un monde tourné vers la technologie et un avenir plus radieux.

Une fois encore merci pour vos dons et pour la confiance placée en nous. Merci pour la collaboration  visant à offrir un avenir à chaque jeune démuni. Que Dieu vous le rende au centuple ! »

« Je m’appelle KANKADJA Corneille. J’ai vingt-deux ans. Je suis orphelin de père et mère. Mes parents ont été pris en charge par l’Association Vivre dans l’Espérance depuis 2001. Ils sont morts malheureusement du VIH-SIDA en 2002, avant l’arrivée des antirétroviraux au Togo. J’étais encore un gamin de sept ans quand l’Association Vivre dans l’Espérance m’a pris en charge en appuyant ma grand-mère à travers différentes aides : alimentation, soins médicaux, habillement, scolarité, etc.

Je remercie l’Association de m’avoir aidé durant toutes ces années qui m’ont permis d’être aujourd’hui épanoui et en quête d’un avenir.

Par ces mots, je viens vous dire toute ma reconnaissance pour l’aide que vous m’avez apportée au cours de cette année pour une formation professionnelle de mon choix : Action Commerciale – Force de vente. Cette formation s’ouvre sur le Marketing et me permettra, à la fin, de travailler dans une entreprise commerciale.

Mon rêve est de réussir ma formation et d’aider également mes jeunes frères de l’Association. Ce serait le signe de ma gratitude.

Je remercie chacun de vous pour les efforts consentis pour appuyer d’autres enfants de l’Association, en particulier Florence.

Je prie pour vous et j’implore les bénédictions divines sur vous et vos familles.

Corneille. ».

Nous leur souhaitons beaucoup de succès dans leurs études et ils nous tiendront au courant de l’évolution de celles-ci.