Amnesty et Exils 1914

Il s’en passe des choses au Collège chaque jour ! Impossible de tout raconter… Il nous semble néanmoins intéressant d’insérer de temps à autre dans notre revue quelques articles, rédigés tantôt par un professeur, tantôt par un élève, reflétant les engagements si divers de nos 2200 élèves et de leurs maîtres. Paul Léonard, professeur d’Anglais, et deux élèves, Sophie Mercier et Sophie Langouche, nous racontent tout d’abord l’action de la « cellule Jeunes Amnesty» dont ils sont membres très actifs. Inès de Galembert, élève de classe de poésie (5è Humanité), nous livre ensuite sa vision de la pièce « Exils 1914 » à laquelle sa classe a pu assister dans le cadre des commémorations du Centenaire de la Grande Guerre. (B.H.)

Amnesty

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Depuis 1961, date de sa fondation, Amnesty s’attèle à défendre les droits de l’Homme. Toutefois, cette ONG ne peut pas combattre sur tous les fronts en même temps, d’où le choix d’un thème différent chaque année. En 2014, il lui a semblé primordial de lutter contre la torture qui sévit encore dans le monde. En effet, 141 pays la pratiquent encore. Qu’elle soit physique ou psychologique, cette dernière reste inhumaine et doit absolument être abolie. Au Collège Saint-Michel et après une demande de l’association, une « cellule jeunes » dont les objectifs rejoignent pleinement ceux d’Amnesty a été créée en 2011. Cette année, nous avons eu l’opportunité de nous investir davantage dans un projet qui nous semblait important. Effectivement, ce mardi 18 novembre, s’est tenu un village associatif non loin de la place Flagey. Plus de 1500 jeunes sont venus de Bruxelles et de Wallonie, parfois même de très loin, pour s’exprimer contre la torture ! Malgré la gravité du sujet, nous avons tenté de le rendre abordable et ludique pour tous ces élèves, parmi lesquels une dizaine de classes de notre Collège, et pour les passants qui pouvaient déambuler à leur guise entre les stands. Pour ce faire, toute notre équipe, encadrée par Madame Pétillon et moi-même, a été mobilisée pour la confection d’affiches et de panneaux pendant trois mois.

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Six stands tenus par des étudiants de Saint-Michel, un podium animé en alternance par nos jeunes talents et par des témoignages interpellants, ainsi que des animations telles qu’une « Cup Song » sur le thème de la torture et un magnifique lâcher de ballons final, ont rythmé la journée.

En dépit de conditions climatiques peu encourageantes ( pluie et froideur ), le public a répondu présent avec enthousiasme. Nous tenons donc à remercier toutes les personnes qui ont consacré quelques minutes de leur temps à signer des pétitions, acheter des bougies, écrire des lettres et simplement nous soutenir. (Texte relu par M. Mercier)

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“Exils 1914” : on y reviendrait ! 

Capture d’écran 2015-02-27 à 09.14.59Trois chaises, une table, une valise et du papier journal éparpillé sur le sol : un décor d’une simplicité extrême pour nous raconter la dure vie de trois exilés de la Première Guerre Mondiale, c’est ce que nous proposaient, ce mercredi 12 novembre, Stéphanie

Mangez, Philippe Beheydt et Emmanuel De Candido, acteurs, auteurs et metteurs en scène de la pièce “Exils 1914”, jouée au théâtre des Riches-Claires.

Nous voulions faire quelque chose pour le centenaire de la guerre, mais sans tomber dans les stéréotypes du soldat se battant dans une tranchée.” nous disent-ils lorsque nous les rencontrons. La compagnie MAPS a donc fouillé dans des livres, des pho- tos de familles… et leurs person-nages sont nés. Le premier, August, belge fier de sa patrie, quitte son pays pour trouver refuge en Angleterre avec sa femme. Vient ensuite Angolo, jeune Congolais qui pour devenir comme les autres s’est engagé dans l’armée et est parti sur les fronts de l’Yser. Finalement, Victor Vay, cuisinier et habitant d’une petite bourgade, monte malgré lui dans un train en direction d’une usine allemande. Leurs récits se croisent durant toute la pièce, de manière ludique et dynamique, “pour éviter la monotonie” nous indiquent les auteurs.

À cela s’ajoute une mise en scène créative à tous points de vue. D’abord, ils ont eu l’idée innovante de projeter des vidéos sur le corps des comédiens, puisqu’ils “avaient ces histoires dans leurs tripes”, essai malheureusement insuffisamment abouti. En effet, les séquences diffusées ne sont pas toujours claires et désorientent quelque peu le spectateur, en particulier celle montrant les industries.

Une autre idée consiste à faire bouger, changer les objets de position afin qu’ils en représentent d’autres, comme cette malette qui se transforme en machine industrielle, ou la table et les chaises qui évoquent les tranchées flamandes. Le tas de papier de presse lui-même possède plusieurs significations : à la fois journal, plaine enneigée ou encore post-it pour Lady Elizabeth, l’aristocrate anglaise qui accueille nos “poor little Belgians”.

Et la dite “lady” a ses habitudes… Au début de la réprésentation, il est demandé à un spectateur de faire un signe discret à une heure précise. C’est ce qui explique qu’après une demi-heure de spectacle, tout s’arrête pour que les protagonistes partagent le “tea-time”, moment immanquable pour nos voisins anglo-saxons. Du coup, l’on peut soit apprécier l’interaction créée avec le public, soit ne pas comprendre ce que cet effet apporte à la pièce, car la transition d’un récit à un autre pourrait être suggérée par d’autres moyens.

Et des moyens, De Candido en a trouvés de bons pour nous transmettre les émotions du rôle qu’il incarne. Que ce soit à travers son visage ou sa gestuelle, le public a le sentiment qu’il a réellement vécu ce qu’il raconte, ce qui incite à désirer aider ce pauvre Victor, transi par la froideur hivernale, à tenir debout alors qu’il refuse de signer son contrat de travail ou à le secourir afin qu’il réussisse à fabriquer ses pièces de métal. Une intonation appropriée confirme ses talents d’interprète, et donne envie de retourner le voir jouer.

Mais n’oublions pas ses deux congénères qui sont également agréables à regarder et à écouter et qui contribuent à la belle réussite de la pièce. Car “Exils 1914” est une œuvre qui nous touche par sa cruauté parfois mais aussi par son humour. Elle rappelle enfin que cette expatriation est toujours d’actualité (Inès de Galembert).